365 jours sans elles…

    La nouvelle année commence bien ! Après mon anniversaire de naissance (que je ne fête pas), c’est ce jour, mon premier anniversaire de défume ! En effet, le 28 janvier 2019, vers 22h, je fumais ma dernière cigarette !

Que de chemin parcouru ! Que d’émotions ! Que de changements dans ma life !

Souvenez-vous, tout au long de cette non-fumeuse année, j’ai déjà écrit 2 articles afin de partager cette expérience de vie unique (toute proportion gardée). Vous pouvez les lire ici et . Ou pas ! Mais bon, je ne vais pas vous refaire l’historique. 😉

Cependant, un p’tit récap et un bilan s’impose…

L’avant arrêt

     D’année en année, j’enchainais les bronchites, les angines, les rhinopharyngites (même en été)…jusqu’à être plus ou moins toujours un peu malade. J’avais même un inquiétant « chat dans la gorge » quasi permanent. Un essoufflement au moindre effort me gênait et m’angoissait.

En outre, je cumulais plusieurs facteurs de risque (tabac, surpoids et sédentarité). Je m’en moquais car pas de diabète, ni de cholestérol et malgré tout, relativement en forme. Mais derrière la fanfaronnade, en vérité, j’avais peur. Peur de souffrir, peur de mourir. Quant à priver mes enfants de leur père… Mais ça ne m’empêchait pas de fumer !  

35 ans de tabagisme, ça n’augure rien de bon (sauf exception). Je sentais de plus en plus que l’état de ma santé allait fortement se dégrader si je continuais à fumer, un peu comme un pressentiment, un avertissement. J’avais une conscience aigüe du problème. Oui mais…

Et régulièrement, la p’tite voix que vous connaissez tous, me disait « Ce n’est pas bon ! Arrête de fumer !». Néanmoins, celle de l’addiction me soufflait en même temps des notes de musique entrainante « Ah, une bonne clope ! Et puis, il faut bien mourir de quelque chose ! ». Du coup, ce tiraillement entre le « Il faut que… » et le « J’m’en fous, ça va aller » commençait aussi à me fatiguer. Il fallait que je réagisse !

Tentative

   C’est donc avec motivation et détermination que j’ai décidé d’avoir une autre vie. Une nouvelle vie, plus sûre, plus saine, plus vivante ! Tout au moins, déjà vivre au mieux le présent. Mais j’aimais tant fumer…et prisonnier de cette relation, comment faire ? Il existe aussi une peur de l’arrêt : celle qui nous empêche de tout changement. Alors ?!

Ce n’était pas une privation donc une frustration qui allait me rendre heureux ; d’autant plus qu’étant gourmand – et déjà bedonnant – il ne fallait pas que je compense le manque par la bouffe ! 

Les patchs et autres substituts me demanderaient des efforts et ne combleraient pas le manque (enfin, c’est ce que je pensais, peut-être à tort).

Alors, j’ai opté pour la vape. Comme une impression de fumer mais sans fumée, la vape permet un sevrage en douceur : pas besoin d’une volonté inébranlable à mettre en place, pas de tentation de la « justune » car bien dosé, pas d’irritabilité, pas de stress, pas de prise de poids… Que du bonheur ! Enfin, ça, c’est la vision idyllique que je me faisais de la vape par le biais de mes lectures.

Mais ça n’a pas été aussi simple ! En effet, mal dosé et mal équipé (DTL), j’ai vapo-fumé pendant 3 mois environ avant l’arrêt définitif (5-6 clopes/jour, puis, de plus en plus jusqu’à ne presque plus vaper). J’avais fait un pas mais c’était un échec : je fumais toujours ! Certes, un échec positif comme j’aime à l’appeler mais un échec quand même… (perdre une bataille, ce n’est pas perdre la guerre !).

L’arrêt

    Après les fêtes de fin d’année, j’étais à nouveau fumeur à part entière. Avec en plus, de la culpabilité et du dépit.

Le 18 janvier 2019, j’ai eu 54 ans et toujours une clope au bout des doigts… Pourtant, jusqu’à alors, j’avais tenté et réussi quelques arrêts. Mais à 45, puis 50 ans, date butoir que je m’étais fixé, cela aurait dû être définitif !

Je repris la vape, cette fois en utilisateur averti et confiant, bien dosé en nicotine, avec du matériel adapté (MTL). J’ai diminué progressivement le nombre de clopes en ne gardant que les « meilleures » (après les repas). En me disant qu’avec 2-3 clopes, je ne prenais plus vraiment de risque. Une consommation modérée et raisonnée. Erreur ! Une seule clope est déjà une clope de trop ! Erreur ! Fumer en vapotant fait perdre les atouts de la vape. Erreur ! Je n’allais pas mieux !

Il fallait être radical : ça ne pouvait plus durer comme ça : soit je continuais jusqu’à en crever, soit je décidais enfin de me donner une chance.

Le déclic

   C’est alors que la psychiatre-addictologue de mon service, constatant les connaissances que j’avais acquises, ma motivation à l’arrêt et ma propension à en faire part, me proposa de la seconder. Mais pourquoi moi alors que d’autres collègues avaient réellement arrêté de fumer, vapotaient depuis longtemps ? Il est vrai qu’eux ne manifestaient pas d’intérêt à partager leur expérience, à se former, etc. Un signe du destin ? Ça m’interpellait ! Ce fut LE déclic ! Si je continuais à fumer, je n’étais pas crédible envers moi-même et surtout envers les patients. Je devais arrêter complètement !

En fait, outre la motivation, la détermination, il me fallait le truc en plus qui allait me faire basculer de l’autre côté du miroir.

La préparation

   Je me suis préparé mentalement à ne plus être fumeur — ce que j’avais déjà maintes fois expérimenté avec succès par le passé mais voué à l’échec car je ne me préparais pas à ce que ce soit définitif. Je ne visais que l’arrêt. Pas l’après.

Visualiser sa nouvelle vie sans tabac en fonction de l’environnement, des moments clés, des relations sociales, familiales, amicales, professionnelles… Tout se prépare et doit être préparé. Analyser son addiction, la comprendre. Il faut effectuer un vrai travail sur soi. Derrière le tabagisme peuvent se cacher tant de choses… De plus, le sevrage n’est qu’une étape ; il faut aussi le consolider, le maintenir. L’ensemble de ces prérogatives est la défume : c’est un apprentissage. Donc du temps, de la patience, de la persévérance.

Cette fois, il ne s’agissait pas juste d’arrêter de fumer mais de défumer.

L’action

   J’ai donc déterminé une date d’arrêt en fonction de mon emploi du temps pour être tranquille à la maison.  

Le 28 janvier 2019, j’ai fini mon paquet de tabac à rouler en fumant les « miettes » bien dégueu, d’abord au travail et le soir chez moi ; puis, j’ai rangé le briquet, les feuilles, les filtres dans une boite. Basta ! Dodo après une séance de méditation et visualisation des principaux moments du quotidien sans la clope. Le lendemain, j’allais me réveiller non-fumeur !  

Le 29, repos à la maison. La matinée, puis l’après-midi, puis la soirée se déroulèrent sans encombre, sans grande envie, juste des envies furtives – c’étaient plus des images mentales liées à une situation. Le 30, c’est parti ! Aucun manque. Je m’habitue à la vape et je suis agréablement surpris. Finalement, franchir ce cap de quelques cigarettes à aucune est aisé. Bien plus qu’on le pense !

Puisque je pouvais tenir une journée, puis, deux journée, je pouvais tenir plus longtemps. Une semaine, un mois, 6 mois, 9 mois…1 an ! Let’s go !

Durant cette année de défume, je n’ai jamais eu envie de fumer ; juste une sensation curieuse : un goût de tabac fumé dans la bouche (3 ou 4 fois) et des pensées furtives où je me voyais fumer. Je savais qu’il faut être vigilant : « justune » est tapie au fond de la mémoire et peut surgir à tout moment. Heureusement, elle est restée endormie.

Quels bénéfices ?

Une renaissance !

     Le terme n’est pas exagéré ! Il s’agit bien d’une autre naissance ! Avec la clope, je peux dire maintenant que je ne vivais pas, je survivais. Je ne profitais pas pleinement de la vie. Pourquoi ? Parce que je n’étais pas libre, libre de faire, de parler, de lire, d’écrire, de conduire, de fêter, de partager, d’aimer…sans elle ; elle, si intrusive, si nocive. C’est une relation toxique.  

Bien sûr, au début de ma défume, j’ai eu quelques désagréments liés à l’arrêt car les poumons se nettoient (toux, expectorations…). Et pas que… L’organisme tout entier, s’exprime face à cet empoisonnement provoqué par la fumée. Je n’ai pas eu d’autres manifestations désagréables mais il est connu que l’on peut avoir des désordres intestinaux, hormonaux, endocrinaux… : c’est juste une transition avant d’avoir un organisme fonctionnant normalement. C’est passager.

Ce n’est que maintenant, après avoir laissé le corps travailler tout seul, que je l’aide avec de la phytothérapie (charbon Marie entre autres). Le moment est venu de s’attaquer à une autre problématique : le surpoids ! Je n’ai pris qu’un kilo depuis l’arrêt. Mais comme j’en avais en trop avant… À suivre…

Les bienfaits

    Très rapidement, mes poumons se sont désencombrés : le souffle s’est amélioré. Déjà au repos, je ne suis plus essoufflé et comme je vais à vélo à mon travail tous les jours depuis l’arrêt (moins de sédentarité), j’ai remarqué que je suis de plus en plus à l’aise dans l’effort.

Évidemment, j’ai retrouvé le goût et l’odorat. Et bien content de ne plus sentir cette mauvaise odeur de tabac froid sur mes vêtements, dans ma barbe, sur mes doigts…

Durant la nuit, je ronfle moins (ou plus du tout ?) et au réveil, c’est formidable de ne plus avoir la bouche pâteuse, de se sentir frais et dispo.

J’avais des maux de tête récurrents et cette année, j’ai dû en avoir 2 fois et de moindre intensité.

En 1 an, je n’ai eu qu’un gros rhume, suivi d’une angine virale. Donc une pathologie banale sans rapport avec le tabac fumé. Quelle amélioration !

Tout cela m’a donné un regain d’énergie et l’envie d’accomplir de nouveaux défis ! 

Conclusion

    Grâce à la vape, j’ai encore le plaisir de ce qui ressemble au fait de fumer. Au fil du temps, j’ai progressivement diminué le taux de nicotine jusqu’à 6 mg. C’est maintenant que je passe à 3 mg. Je ne me pose plus la question de passer à 0 ou d’arrêter la vape. Un jour, peut-être mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. Et puis, pourquoi me priver d’une saine dépendance (à la nicotine) puisqu’elle n’est pas nocive ?

Bien que je sois pro-vape, je ne dénigre pas les autres méthodes : c’est à chacun de trouver ce qui lui convient. Ce témoignage n’a pas valeur de modèle : c’est juste mon expérience.

Pas de miracle, pas de solution généralisable. Chacun sa défume.

Ce qui me motive, outre ma santé et le porte-monnaie, c’est aussi l’entraide et le partage (d’où ce site). Aider autrui à défumer, ça permet de se sentir utile, de se (re)valoriser, de (re)donner un sens à sa vie. Et quelle joie de savoir qu’une personne a arrêté !

Le bonus de cette « aventure », c’est que j’ai fait la connaissance (virtuelle ou en live) de personnes formidables (principalement par le biais du groupe Facebook « Je Ne Fume Plus !»).

De plus, cela a donné un nouvel élan à mon activité professionnel ; je l’ai relaté ici.

« Je » est un autre parce que « je » est redevenu lui-même.

Bonne défume !

Chriss Brl

Sources :

Articles sur ma défume :

Autres :

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