Vive la défume à la maison…et au travail !

11 mois sans tabac ce jour !

  Au-delà de ma satisfaction personnelle d’avoir arrêter de fumer, je suis d’autant plus enthousiaste, car permettre à autrui de suivre le même chemin, c’est une fabuleuse aventure.

Nous sommes d’ailleurs (de plus en plus) nombreux dans cette voie d’entraide au sevrage tabagique. Bon, je suis loin, très loin de l’implication et de l’expertise de certaines personnes qui œuvrent dans ce sens depuis des lustres… Mais chaque pierre à l’édifice compte… Je ne serais d’ailleurs rien dans cette (re)construction sans Françoise, Alain & compagnie (du groupe Facebook Je Ne Fume Plus), sans les personnes qui ont cru en moi dans la création de je-defume.info (les mêmes et bien d’autres, notamment Patricia, Iza, Philippe P.), sans notre « maitre » à tous, Jacques Le Houezec. Un grand MERCI à vous toutes et tous ; vous m’avez tant donné !

Bref, la défume est autant une affaire personnelle qu’une histoire de groupe, d’amitié. Encore une fois, l’union fait la force ; l’altruisme, la compassion, l’empathie, le partage sont et restent des valeurs essentielles (d’autant plus dans les turbulences de ce monde qui se délite).

Quand la vie privée influence la sphère professionnelle…

   Tout a commencé quand j’ai compris que ma défume s’était muée en passion et que mon expérience pouvait être utile à tous. Nonobstant, faire l’éloge de la vape et encourager le sevrage tabagique dans sa globalité, c’était bien virtuellement mais je devais aller plus loin !  Ça tombait bien, mon métier, et où je l’exerce, était tout indiqué ! En effet, je suis aide-soignant dans un service de Psychiatrie-addictologie. Évidemment, je m’intéressais aux addictions mais j’étais surtout focalisé sur l’animation d’un atelier d’écriture et sur la psy en général.

Un constat.

    Jusqu’à il y a peu, la psychiatrie ne s’occupait surtout que des addictions classiques (sevrage alcool et substitution drogues) et la clope, ça faisait presque partie du traitement. Laissons-les fumer ! C’est leur seul plaisir…

Ah, bon ?! Alors pourquoi guérir d’une dépression, stabiliser une bipolarité, sauver un foie…, si c’est pour mourir d’un cancer du poumon ?

Bien sûr, l’institution proposait des substituts nicotiniques mais sans grande conviction de part et d’autre… La Réduction du Risque Tabagique allait à l’encontre des idées reçues par les patients eux-mêmes et par une grande partie du corps médical. C’était secondaire. Les patients, par « dérogation », ont même le droit de fumer dans l’enceinte de l’hôpital.

Il est vrai que dans mon service (et ailleurs), cette addiction a commencé à être de plus en plus reconnue au fil des années et se devait d’être traitée. Mais changer de paradigme prend du temps…

Et alors ?

   J’ai remarqué qu’au cours de cette année, les patients avec qui, avant, il m’arrivait de fumer dans le jardin – pas bien mais ça peut être un outil de communication – ont été de plus en plus interpellés par le fait que quasi tous les soignant.e.s fumeurs-euses du service soient devenu.e.s vapoteurs-euses. De facto, la demande de sevrage tabagique évolua. Un changement incroyable !

Le vent de la défume a soufflé si fort… Des volutes à la vapeur, le « nous », l’équipe, a donné une autre image du tabac ; et le « je » allait devenir un autre, un autre soignant.

Cette année, je me suis formé à titre personnel (entre autres via un MOOC) et en interne  (et c’est loin d’être fini !). L’addictologue du service, ouverte à la vape, mais ne maitrisant pas vraiment cet outil, me fit confiance au vu de mon implication personnelle. Les autres médecins du service et l’encadrement ont adhéré également : j’avais un projet de service ! La hiérarchie était contente. 😉

Depuis peu, je vois donc les patients individuellement en entretien (et une activité de groupe se met doucement en place).

Comme je le dis souvent, ce n’est rien, je fais juste fait le job, mon job en humanité, mon job d’aide-soignant/aide-défumeur. In fine, cet article n’est surtout pas pour flatter mon égo mais pour mettre en lumière que malgré les aléas psychiatriques, on peut retrouver la liberté de vivre sans cette addiction. C’est ce qui m’importe : la liberté de tous – y compris ceux que l’on stigmatise – face à la dépendance tabagique. D’ailleurs, j’ai commencé à effectuer des démarches afin de faire venir la Vape du Cœur où je travaille. Mais ça, c’est une autre histoire…

Des résultats encourageants…

  En effet, dernièrement, un patient de mon service, s’est sevré avec succès de l’alcool, de la cocaïne, du cannabis…et du tabac ! Oui, tout ça au cours d’une même hospitalisation. Il connaissait déjà la vape mais sans conseils ad hoc, il n’avait pas adhéré. Malgré qu’il ait un travail festif, une vie de noctambule, il est lui-même surpris de son arrêt. Déjà 1 mois sans tabac !

Un autre, grâce aux patchs, est passé de 25 clopes à 6-7 / jour en moins d’une semaine, en parallèle de son sevrage alcool.

Bien sûr, ces 2 personnes peuvent rechuter car elles sont encore fragiles mais c’est déjà une victoire, au vu de leur parcours de vie et du diagnostic psychiatrique.

D’autres patients sont au stade vapo-fumeurs… Pas assez de motivation mais une prise de conscience.

Elles savent qu’elles peuvent venir me voir tous les jours (bon, j’ai des jours de repos quand même !), contrairement à l’addictologue qui ne passent que ponctuellement. De plus, je suis convaincu que d’avoir personnellement une proximité dans l’addiction (ex-fumeur), cette sorte d’identification les aide. Un peu comme un patient-expert (d’ailleurs, « on » m’a demandé de faire la démarche : c’est en cours !).

Évidemment, vous allez dire que 2 personnes en défume, ce n’est pas l’affaire du siècle. Il y a sûrement des « aide-défumeurs » qui ont permis à des centaines, des milliers…de personnes à arrêter de fumer… Mais bon, il faut bien commencer un jour…

Vive 2020 !

   Je vais continuer à me former afin de développer mon implication avec pertinence dans la défume mais aussi l’addictologie en général. Faire vivre mon site. Et profiter de ma nouvelle vie de défumeur ! Je vous souhaite également de vivre la vôtre avec « tout le bonheur du monde » pour cette nouvelle année.

  Chriss Brl

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Il est précieux pour les personnes qui ont déjà arrêté de fumer afin de préserver leur motivation et il aide les futur.e.s défumeurs-euses à choisir leur nouvelle vie. 

 

     Merci pour eux-elles !

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